"On se dit 'mais pour qui rament-ils en définitive' ?", avait déploré Patrick Martin la semaine dernière.
Patrick Martin (à droite) et Marylise Léon (2e à partir de la droite) à Paris, le 17 janvier 2025. ( POOL / BERTRAND GUAY )
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a qualifié lundi 28 septembre de "très grave" la prise de position du patron du Medef, Patrick Martin, qui avait reproché la semaine dernière à la CFDT et la CGT de se "politiser à outrance".
"Je suis choquée", a dit Marylise Léon sur France 2, interrogée sur ces propos tenus jeudi au cours d'un débat lors des Rencontres de l'organisation patronale U2P. Elle a jugé "très grave qu'un responsable d'une organisation patronale se permette ce type de commentaires , voire d'affirmations".
"Je trouve que c'est une inversion totale aujourd'hui de reprocher à la CFDT d'être une menace pour la démocratie sociale alors qu'on a une formation politique qui est d'extrême droite qui n'a qu'une envie, c'est de supprimer les organisations syndicales, donc qui ne fait pas preuve d'ouverture vis-à-vis de la démocratie", a-t-elle poursuivi.
"L'accusation de politisation excessive ne tient pas. La CFDT est constante. Nous n'avons jamais appelé à voter pour un candidat lors des trente dernières années ", avait souligné dimanche Marylise Léon dans les colonnes de La Tribune dimanche .
"Ombre suspecte"
Premier syndicat français, la CFDT a pour ligne de ne pas échanger avec les candidats et les responsables d'extrême droite. Lors des élections législatives de 2024, elle avait appelé à faire barrage à l'extrême droite. La CGT refuse également tout échange avec l'extrême droite.
Aux rencontres de l'U2P, Patrick Martin avait assuré croire "dur comme fer à la démocratie sociale, mais dans l'autonomie" et reproché à la CGT et la CFDT de "se politiser à outrance".
"Chacun a ses valeurs, ses convictions, en tout cas s'il doit y avoir une expression très politique de la part de telle ou telle organisation, il ne faut pas que ça devienne l'alpha et l'oméga de ses travaux, parce que c'est forcément au détriment de la démocratie sociale, et ça fait porter sur elle une ombre suspecte. On se dit 'mais pour qui rament-ils en définitive' ?", avait estimé Patrick Martin.
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